Paris, 1801. Bingo ! Le peintre Antoine-Jean Gros vient de remporter une commande importante, celle d’un tableau représentant une victoire de l’armée française. Le jeune artiste espère que cet honneur lancera sa carrière de peintre d’histoire...

Le sujet de la future œuvre ? Il s’agit ni plus ni moins du premier grand tableau de bataille depuis la fin de l’Ancien Régime. On veut commémorer le combat de Nazareth, un épisode de la campagne d’Égypte. Guidés par le général Junot, les Français ont terrassé les troupes turques, pourtant douze fois plus nombreuses !
Les dimensions prévues pour la toile sont telles que Gros doit s’installer au Jeu de Paume à Versailles pour peindre, aucun atelier n’étant assez grand pour l’accueillir à Paris. Là, il aura la place nécessaire pour recopier son esquisse dans ce format spectaculaire.

Le peintre place Junot sur un cheval blanc cabré, sabre à la main. S’il n’est pas au centre de la toile, toutes les lignes du tableau convergent vers lui. La composition, qui souligne le courage du général au sein d’un combat chaotique, a tout pour émouvoir le spectateur.

Mais à peine Gros commence-t-il son travail qu’une polémique éclate. Plusieurs artistes jaloux accusent le jeune homme de ne pas avoir les compétences nécessaires pour un tableau aussi ambitieux. Pire encore, la commande arrive au mauvais moment : Napoléon Bonaparte, qui se prépare à instaurer l’Empire, ne souhaite pas mettre en avant un autre général.
Surtout qu’il pourrait être mal vu de représenter une bataille aussi sanglante alors que la campagne d’Égypte a été perdue par la France...
Bref, Gros doit s’arrêter. Mais Bonaparte a à cœur d’atténuer la déception du peintre.
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Alors il lui commande rapidement une autre peinture qui le met plutôt en scène, lui. Un mal pour un bien : c’est avec ce tableau des Pestiférés de Jaffa, peint sur la toile abandonnée, que Gros finira par gagner ses lettres de noblesse !


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