L'histoire de Chiquinha Gonzaga, une compositrice qui fait scandale à Rio

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Chiquinha Gonzaga quitte son mari pour suivre sa passion : la musique. Pianiste, compositrice puis cheffe d’orchestre, elle bouscule un milieu masculin, mêle musique classique et rythmes populaires brésiliens, et devient une figure pionnière du carnaval.

Fin des années 1860, Rio de Janeiro. Cette fois, c’en est trop ! La jeune Chiquinha Gonzaga quitte en trombe le domicile conjugal et son mari, qu’elle ne peut plus voir en peinture.

Il faut dire que ce dernier l’oblige à choisir entre lui et son grand amour de toujours : la musique.

Chiquinha Gonzaga, 1877, photographie colorisée

Pour Chiquinha Gonzaga, le choix est vite fait. Elle demande le divorce et trouve des moyens de gagner sa vie grâce à sa passion pour la musique. Elle donne des cours de piano, joue dans des salons ou des cafés, et se met à la composition. Entre sa séparation et ses débuts dans un milieu exclusivement masculin, elle enchaîne les scandales !

Partitions pour piano composées par Chiquinha Gonzaga, 1877

Face au scepticisme de certains quant à son talent, Chiquinha Gonzaga fait valoir sa connaissance pointue de la musique classique, acquise grâce à une éducation stricte.

Elle a même une idée audacieuse pour se démarquer : passionnée par le répertoire populaire brésilien, elle décide de l’inclure dans ses compositions.

Cliquez sur l'image pour écouter Atraente de Chiquinha Gonzaga, 1877 (vidéo)

Et quoi de plus brésilien que le carnaval ? En 1899, elle invente pour ces défilés colorés, qui rappellent la procession d’une armée, un morceau construit comme une marche militaire : Ô Abre Alas.

Mais sa musique laisse de côté la guerre pour célébrer l’amour et la liberté, sur un rythme festif qui séduit immédiatement la population de Rio.

Cliquez sur l'image pour écouter Ô Abre Alas de Chiquinha Gonzaga, 1899 (vidéo)

Face à ce succès retentissant, le monde de la musique ne peut plus ignorer cette brillante compositrice. Elle finit même par être nommée cheffe d’orchestre, du jamais vu au Brésil !

Le jour de son premier concert, les journalistes sont bien embêtés : peut-on appeler une femme maestro ? Chiquinha Gonzaga vient à leur rescousse et n’hésite pas à féminiser le terme : on l’appellera la maestrina !

Chiquinha Gonzaga, vers 1930, photographie, photo : DR

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