Fin des années 1860, Rio de Janeiro. Cette fois, c’en est trop ! La jeune Chiquinha Gonzaga quitte en trombe le domicile conjugal et son mari, qu’elle ne peut plus voir en peinture.
Il faut dire que ce dernier l’oblige à choisir entre lui et son grand amour de toujours : la musique.

Pour Chiquinha Gonzaga, le choix est vite fait. Elle demande le divorce et trouve des moyens de gagner sa vie grâce à sa passion pour la musique. Elle donne des cours de piano, joue dans des salons ou des cafés, et se met à la composition. Entre sa séparation et ses débuts dans un milieu exclusivement masculin, elle enchaîne les scandales !

Face au scepticisme de certains quant à son talent, Chiquinha Gonzaga fait valoir sa connaissance pointue de la musique classique, acquise grâce à une éducation stricte.
Elle a même une idée audacieuse pour se démarquer : passionnée par le répertoire populaire brésilien, elle décide de l’inclure dans ses compositions.

Et quoi de plus brésilien que le carnaval ? En 1899, elle invente pour ces défilés colorés, qui rappellent la procession d’une armée, un morceau construit comme une marche militaire : Ô Abre Alas.
Mais sa musique laisse de côté la guerre pour célébrer l’amour et la liberté, sur un rythme festif qui séduit immédiatement la population de Rio.

Face à ce succès retentissant, le monde de la musique ne peut plus ignorer cette brillante compositrice. Elle finit même par être nommée cheffe d’orchestre, du jamais vu au Brésil !
Le jour de son premier concert, les journalistes sont bien embêtés : peut-on appeler une femme maestro ? Chiquinha Gonzaga vient à leur rescousse et n’hésite pas à féminiser le terme : on l’appellera la maestrina !


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