Japon, 1635. Le peintre et sculpteur Kanō Tan’yū reçoit une commande prestigieuse : décorer un bâtiment sacré près de la ville de Nikkō. A priori, pas de quoi poser de problème à cet artiste renommé... mais cette mission va se révéler plus compliquée que prévu !
L’artiste est chargé de travailler au cœur d’un sanctuaire exceptionnel.Bâti quelques années plus tôt en l’honneur d’un grand seigneur, le lieu contient de nombreux bâtiments colorés richement ornés. Or, en 1635, le sanctuaire est en plein agrandissement et de nombreux artisans sont appelés à y travailler. Dans ce chantier, Kanō Tan’yū est plus spécialement chargé d’orner l’entrepôt en bois où sont conservés les trésors du sanctuaire.

Il entreprend ainsi un minutieux travail, habillant notamment la façade de deux sculptures d’éléphants. Le résultat est assez étrange ! Les deux bestioles poilues, l’une noire, l’autre grise, aux griffes et aux trompes brillantes, se détachent du fond doré avec un air menaçant. Celle de gauche, qui semble se préparer à sauter sur sa proie, secoue ses trois queues.

Si ces éléphants ont une telle allure, c’est que Kanō Tan’yū a eu quelques soucis pour représenter ces pachydermes. Selon la légende, il n’en avait jamais vu de sa vie ! Il s’est donc basé sur des histoires et des descriptions écrites de ces animaux.
Mais pourquoi choisir des éléphants comme gardiens du trésor et se compliquer autant la tâche ?

Si l’artiste n’a pas laissé d’explications, la raison est sans doute cachée dans l’écriture de la langue japonaise. Effectivement, le caractère pour "entrepôt" et celui pour "éléphant" sont lus et prononcés de la même façon. Kanō Tan’yū aurait donc voulu faire un jeu de mots à travers ses sculptures…

En tout cas, ces éléphants dits "imaginaires" font toujours la fierté du Japon. Ils sont même classés, avec de nombreux bâtiments du sanctuaire, au patrimoine mondial de l’Unesco !


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