Philadelphie, 1901. Dans un quartier bourgeois et tranquille du nord-ouest de la ville, une maison attise la curiosité : on en parle même dans les journaux ! En effet, ses nouvelles habitantes ont de quoi faire la une de la presse…
Ce sont Violet Oakley, Elizabeth Shippen Green et Jessie Willcox Smith qui viennent de poser leurs bagages dans cette ancienne auberge. Et si cette colocation a vu le jour, c’est pour des raisons très terre-à-terre.

Réalisant qu’à cette époque-là leur condition de femme freine leur carrière artistique, les trois amies, qui se sont rencontrées pendant leurs études, prennent les choses en main.
Fi du mariage qu’on attend d’elles, elles refusent de rester au foyer à aider leur mari et mettent tout en œuvre pour se soutenir financièrement.


Ainsi, les voilà qui emménagent dans le quartier, bientôt rejointes par Henrietta Cozens, qui gère l’intendance.
Profitant de la forte demande du moment en dessins de presse, les trois artistes perfectionnent leurs compétences d’illustratrices et enchaînent les commandes pour subvenir à leurs besoins.
Rapidement, elles se font connaître sous le nom des "Red Rose Girls", soit les "Filles à la Rose Rouge", selon le nom du lieu où elles habitent.
Pourtant, chacune a un style distinct. Smith se spécialise dans des scènes douces et intimes d’enfance et de maternité, Green se concentre sur les scènes domestiques et Oakley explore les grands ensembles décoratifs et la peinture murale.

Au-delà de l’aspect pratique de leur collaboration, les Red Rose Girls représentent une vraie révolution. En vivant en totale indépendance, sans homme sous leur toit, elles bousculent les codes sociaux et montrent que la condition des femmes peut évoluer… ce qui ne plaît d’ailleurs pas à tout le monde.
Ironie du sort, le groupe finit par se séparer lorsque l’une d’elles, Elizabeth Green, se marie. Mais finalement, cela arrange aussi Violet Oakley, qui a besoin d’un atelier plus grand pour ses fresques. Et les comparses resteront de très proches amies !


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