5 février 1919. Coup de tonnerre à Hollywood ! Quatre des plus grandes stars de cinéma viennent de signer un contrat devant les caméras. L’événement cause la fureur des producteurs de films. L’un d’eux s’exclame même que ces "fous" prennent "la direction de l’asile". Comment un bout de papier peut-il les mettre autant en colère ? C’est que les quatre vedettes, surnommées les Big Four, viennent tout simplement... de se débarrasser de leurs producteurs !

À l’époque, les comédiens et réalisateurs Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Charlie Chaplin et D.W. Griffith sont connus dans le monde entier. Autant dire qu’ils rapportent beaucoup d’argent aux studios ! Mais c’est justement le problème : pour les artistes, ces entreprises s’en mettent plein les poches à leurs dépens.
Il faut dire que les studios forment alors un "trust". En effet, l’ensemble du marché du cinéma aux États-Unis est contrôlé par seulement quelques sociétés, les majors. Ce sont elles qui produisent, distribuent et exploitent les films. Cerise sur le gâteau, elles possèdent même les salles où se rendent les spectateurs ! Elles sont donc en position de force par rapport aux artistes et imposent les budgets comme les salaires...

C’est justement ce qui déplaît à Fairbanks, Pickford, Chaplin et Griffith qui craignent de perdre toute liberté créative. La solution ? Fonder leur propre société, entièrement gérée par les réalisateurs et les comédiens !Voilà pourquoi ce 5 février 1919 est si important : les Big Four viennent de donner naissance à la United Artists qui va gérer la distribution de leurs films. Ils gardent ainsi le contrôle de leurs œuvres et de leurs recettes.

"Notre but n’est pas de gagner de l’argent, nous voulons faire de bons films… Notre seule récompense sera la gloire, et aussi les pas en avant que nous pourrons faire librement dans l’art cinématographique." - United Artists
Certes, cette création ne fait pas disparaître les grands studios : leur trust sera démantelé plus tard par une loi. Mais la United Artists soutiendra avec efficacité la liberté des créateurs et les films indépendants... jusqu’à aujourd’hui, avec à son compte de grands succès, comme le premier James Bond !

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