Printemps 2015. Un matin, la climatologue Allison Steiner balaye son porche recouvert de pollen lorsqu’une pensée lui vient : que deviennent ces particules une fois dispersées par le vent ?
On sait qu’une partie retombe sur le sol pour polliniser les plantes. Qu’une autre finit dans le corps des humains, provoquant moult allergies. Et le reste ?
Et si elles montaient haut dans le ciel, là où se forment les nuages ?

Mais au fait, c’est quoi la recette d’un nuage ? Avant tout, il faut une large zone humide comme un océan ou une forêt. Là, des molécules d’eau s’évaporent et montent progressivement dans l’atmosphère. Avec le froid, la vapeur d’eau redevient liquide.

Les gouttelettes en suspension dans l’atmosphère se condensent alors autour de particules très fines présentes dans l’air, comme de la poussière. Ces gouttelettes reflètent ensuite la lumière et le nuage devient visible dans le ciel.

Et si le pollen était l’une de ces particules ? L’idée détonne ! Longtemps, le pollen a été considéré comme trop gros pour participer à la formation des nuages. Qu’à cela ne tienne, la scientifique teste sa théorie grâce à une "fabrique à nuage" qui recrée les cumulus et autres cirrus en laboratoire.

Sa conclusion ? Grâce au vent, le pollen peut monter haut dans l’atmosphère, là où naissent les nuages de basse altitude (à environ 2 km du sol). Sous l’effet de l’humidité, ils se désagrègent en fragments beaucoup plus petits (50 à 200 nanomètres).
Une taille idéale pour la création d’un nuage !

Finalement, lorsque les gouttes d’eau d’un nuage atteignent une taille d’environ un millimètre, elles tombent par gravité. Il pleut !
Les plantes ont donc un cycle de vie particulièrement intelligent : le pollen, en plus de permettre leur reproduction, peut aussi faire tomber la pluie qui les fera grandir.
Malin !


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