Le sauvetage titanesque des temples d’Abou Simbel

x icon

Menacés par les eaux du futur barrage d’Assouan, les temples d’Abou Simbel sont découpés, déplacés et reconstruits grâce à l'UNESCO. Un chantier hors norme pour préserver ces chefs-d’œuvre millénaires.

956. Nasser, le président égyptien, projette de construire un nouveau barrage à Assouan. Cette construction promet une nouvelle source d’électricité mais engendre un sérieux problème. Son installation va submerger d’eau les alentours !

Or les temples d’Abou Simbel y sont implantés. Deux chefs-d’œuvre de l’Égypte antique !

Temples d’Abou Simbel, XIIIe siècle av JC, vers 1950

Que faire ? Une seule solution semble envisageable : déplacer les temples ! C’est grâce à l'UNESCO que ce projet fou va être réalisé. L'organisation décide de construire une colline artificielle proche de l’emplacement d’origine des temples, puis d’y rebâtir les sanctuaires.

Ainsi, ces derniers restent dans leur environnement tout en étant hors d’atteinte des eaux !

Temples d’Abou Simbel, XIIIe siècle av JC

Mais ce n’est pas si simple... En effet, ces temples sont des "spéos", c’est-à-dire qu’ils ont été creusés directement dans la roche et s’enfoncent sur plus de 60 mètres de profondeur dans la montagne.

Leur construction date du XIIIe siècle avant JC, lors du règne de Ramsès II. C'est lui qui est représenté dans les quatre statues colossales à l'entrée, accompagné à ses chevilles de ses femmes et enfants.

C’est véritablement une gigantesque falaise qu’il va falloir transporter !

détail des temples d’Abou Simbel

Afin de réaliser ce travail de titan, les temples sont découpés en blocs de 10 à 20 tonnes. Chaque fragment est ensuite transporté dans une carrière.

À l’instar d’un puzzle, les temples vont être ensuite remontés bloc par bloc sur la nouvelle colline, 80 mètres plus haut !

Ce travail colossal nécessite la présence de 3000 personnes. Pendant toute la durée des travaux, ils vivent isolés et sous des températures pouvant parfois atteindre les 50°C à l'ombre.

Déplacement des temples d’Abou Simbel, photographie de 1967

Ça ne se déplace pas si facilement, une montagne !

À découvrir