Pour commencer fort, on regarde un film qui donne la pêche !
Artips débute ce best-of avec un incontournable, à regarder tous les étés sans modération : Call Me by Your Name. Le réalisateur Luca Guadagnino nous transporte dans le nord de l’Italie, pendant l’été 1983, où Elio, 17 ans, passe ses journées entre musique, lectures, balades à vélo, baignades, cueillette des pêches dans le verger et après-midis à rallonge dans la villa familiale.
L’arrivée d’Oliver, jeune chercheur américain venu travailler avec son père, vient troubler ce quotidien ensoleillé et ouvrir la voie à une histoire d’amour aussi lumineuse que fragile...

Porté par Timothée Chalamet et Armie Hammer, le film adapte le roman d’André Aciman et saisit avec une grande délicatesse l’intensité du premier désir, la beauté d’un été suspendu et la mélancolie de ce qui ne dure jamais assez longtemps. Plongés dans la peau d'Elio, on ressent avec lui l’attente languissante, la boule au ventre, le doute constant entre avoir le courage d’avouer ses sentiments ou se résigner à se taire ("Is it better to speak or to die ?").
Et pour prolonger l’expérience, on écoute la bande originale en boucle !
Titanic 2.0 : bienvenue à bord du naufrage social !
Triangle of Sadness (Sans filtre), de Ruben Östlund, nous montre des passagers qui sont tous dans le même bateau… enfin presque. On embarque avec un couple de mannequins-influenceurs dans une croisière de luxe où tout semble d’abord parfaitement calibré : paysages de rêve, dîners élégants et passagers très fortunés.
Mais alors qu'une violente tempête s'abat sur le bateau, le voyage tourne rapidement au cauchemar et les rapports de pouvoir s’inversent de manière aussi brutale que réjouissante...

Palme d’or à Cannes en 2022, le film est une satire sociale féroce, qui démonte avec un plaisir évident le monde du luxe, de l’image et des privilèges. À regarder pour rire jaune devant ce chaos aussi absurde que réaliste*.
*Disclaimer : émétophobes passez votre chemin !
Retour en enfance !
Aussi drôle que touchant, on ne vous le présente plus : Nos jours heureux, l’éternel feel good movie d’Éric Toledano et Olivier Nakache. On accompagne Vincent Rousseau (Jean-Paul Rouve) pour sa première direction de colonie de vacances : trois semaines de gamins surexcités, de catastrophes en série et d’un groupe d’animateurs qui semblent tous avoir obtenu leur BAFA dans une pochette surprise…

Tendre, nostalgique et toujours aussi efficace, cette comédie incontournable qui a d'ailleurs fêté ses 20 ans cette année, traverse les générations et met tout le monde de bonne humeur dès les premières minutes. C’est LE film à voir si l’on veut rire un bon coup et ressortir les répliques cultes de Caroline (Joséphine de Meaux), l’animatrice un peu coincée qui finit par se détendre (peut-être même un peu trop) au fil du séjour.
On ne s’en lasse pas ; pour un peu, on retournerait presque en colo.
Des vacances sous pression
L’Épreuve du feu, premier long-métrage d’Aurélien Peyre, suit Hugo, 19 ans, en vacances sur l’île de Noirmoutier, où il invite Queen, sa nouvelle petite amie, à rencontrer son groupe d’amis. Sur le papier : soleil, mer, maison familiale et retrouvailles d’été. En réalité : un séjour beaucoup moins reposant, où les regards des autres, le traumatisme des complexes et la pression du groupe viennent doucement fissurer l’idylle...

Porté par Félix Lefebvre et Anja Verderosa (tous deux nominés aux Césars 2026), le film capte avec justesse ce moment fragile entre adolescence et âge adulte, quand on voudrait être soi-même… mais qu’on tient encore beaucoup trop à l’avis de ses « copains ».
Bref, ce film est une bonne piqûre de rappel : mieux vaut bien choisir la bande avec qui l’on passe ses vacances !
Un voyage dans le temps, ça vous dit ?
Les 7 vies de Léa, une mini-série créée par Charlotte Sanson, suit Léa, une adolescente qui le 15 juin 2021 tombe par hasard sur le squelette d’Ismaël, un adolescent disparu trente ans plus tôt et ancien ami de ses parents. Dès le lendemain, la voilà propulsée au 15 juin 1991, où elle se réveille dans le corps du jeune homme. Pendant une semaine, elle se réincarne chaque jour dans le corps d’une personne différente, avec sept chances de comprendre ce qui est arrivé à Ismaël. Chaque matin, elle revient en 2021 et découvre que ses actes passés ont de réelles conséquences dans le présent.
Mais attention à ne pas trop jouer avec le destin des uns et des autres, car Léa pourrait bien déclencher malgré elle une Troisième Guerre Mondiale...

Avec son ambiance très années 90, ses secrets de famille et son récit à tiroirs, Les 7 vies de Léa transforme l’été en terrain de mystère. Entre cold case, voyage dans le temps et romance adolescente, la série est portée par Raïka Hazanavicius et Khalil Gharbia, et déroule son intrigue dans un cadre idyllique : les paysages ensoleillés des gorges du Verdon, en Provence.
Une chronique qui fait réfléchir, qui parle de non-dits, de pardon, de jalousie, d’amour inavoué, et surtout qui apprend à se mettre dans la peau des autres pour mieux les comprendre (littéralement).
Un hôtel de luxe… sans se ruiner !
The White Lotus, c’est la série idéale pour voyager sans bouger de chez soi. Chaque saison nous plonge dans un palace paradisiaque : d’abord à Hawaï, puis en Sicile, avant de poser ses valises en Thaïlande. Mais derrière les piscines turquoise, les buffets impeccables et les couchers de soleil de carte postale, les tensions apparaissent vite : secrets de famille, tromperies, crises existentielles, rapports de pouvoir et malaises sociaux...

À la fois satire sociale, comédie noire et drame de vacances, la série de Mike White observe avec finesse les clients et employés d’un resort de luxe fictif, et transforme chaque séjour de rêve en petit théâtre des vanités.
De quoi occuper vos journées caniculaires : trois saisons sont déjà disponibles, et tenez-vous bien… la prochaine devrait se dérouler en France !
Un beau dessin estival
Été 96, court-métrage d’animation réalisé par Mathilde Bédouet, commence comme un souvenir de vacances très simple : une famille part pique-niquer sur l’île Callot, en Bretagne, comme chaque été. Mais lorsque la marée les piège sur place, la journée se transforme en nuit improvisée, entre aventure, inquiétude et petits bouleversements familiaux...

Réalisé en rotoscopie, une technique d’animation qui consiste à redessiner image par image par-dessus des prises de vues réelles, le film donne aux images une texture à la fois réaliste et sensible, comme un cahier de croquis qui prendrait vie.
En à peine douze minutes, Été 96 capture ce moment étrange où les vacances d’enfance basculent doucement vers autre chose, avec la mer, bien sûr, dans le rôle principal. Le film a d’ailleurs reçu le César du meilleur court métrage d’animation en 2024 !
Tom Ripley, l’homme qui a compris comment être en vacances… toute l’année !
Ripley, une mini-série créée par Steven Zaillian, nous entraîne dans l’Italie des années 1960 sur les traces de Tom Ripley, merveilleusement interprété par Andrew Scott, petit escroc new-yorkais chargé de convaincre un riche héritier, Dickie Greenleaf, de rentrer aux États-Unis.
Mais entre Rome, Naples, Atrani et Venise, la mission tourne peu à peu à l’obsession : fasciné par la vie de Dickie, Ripley se met bientôt à convoiter bien plus que son amitié : son monde, son aisance, et peut-être même son identité …

Entièrement tournée en noir et blanc, la série impose une atmosphère à la fois élégante et glacée, entre thriller psychologique et carte postale à la Dolce Vita. Visuellement sublime, lente et tendue, Ripley transforme peu à peu la douceur de l’été italien en un décor inquiétant, où chaque plan semble cacher une menace.
Seul au monde... ou presque
La Tortue rouge, un film d'animation franco-belgo-japonais réalisé par Michael Dudok de Wit, raconte l’histoire d’un homme naufragé sur une île déserte, dont les tentatives de fuite sont sans cesse empêchées par une mystérieuse tortue rouge...

Coproduit par le studio Ghibli, ce film muet déploie un récit simple et contemplatif, entre robinsonnade, conte poétique et méditation sur le cycle de la vie. Avec ses paysages marins, son silence et sa beauté épurée, La Tortue rouge offre une parenthèse estivale douce, étrange et profondément émouvante. Le film a d'ailleurs reçu le prix spécial "Un certain regard", au Festival de Cannes 2016.
À regarder pour une vraie introspection sur le sens de la vie !
Et pour finir, on plonge dans la boîte à souvenirs
Pour achever cette liste en beauté, Artips vous recommande chaudement Aftersun de Charlotte Wells, qui suit Sophie, 11 ans, en vacances avec son jeune père Calum dans un hôtel de Turquie, à la fin des années 1990. Au programme : piscine, karaoké, caméscope, crème solaire… et ce léger pressentiment que quelque chose cloche derrière les sourires...

Premier long-métrage de la réalisatrice écossaise, le film transforme un souvenir d’enfance en puzzle mélancolique, entre comédie tendre de vacances et grosse claque émotionnelle planquée sous un parasol. Avec les formidables interprètes Paul Mescal et Frankie Corio, Aftersun portrait avec réalisme le décalage entre le regard d’un enfant sur le monde et ce que les adultes tentent parfois de lui cacher.
C’est autant un film "à regarder en été" qu’un film qui donne envie d’appeler son père après le générique.
Artips vous souhaite une bonne séance !
Voilà, vous avez désormais toutes les cartes en main pour organiser vos prochaines soirées ciné de l’été. Que vous soyez plutôt romance italienne, colo chaotique, cold-case rétro, satire sociale ou douce parenthèse animée au bord de l’eau, il ne vous reste plus qu’à faire un choix, fermer les volets, préparer les glaçons… et appuyer sur play.

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