Gustave Caillebotte ou l’ami des impressionnistes

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Dans son autoportrait, Gustave Caillebotte glisse un clin d’œil à son ami Renoir, dont il possède le célèbre Bal du moulin de la Galette. Peintre, mécène et collectionneur, il joue un rôle décisif dans l’entrée de l’impressionnisme au musée.

Paris, 1880. Dans son appartement du 31 boulevard Haussmann, Gustave Caillebotte, l'un des piliers de l'impressionnisme, met la touche finale à son autoportrait. Sur la toile, il est là, pinceau à la main, se regardant dans un miroir. Mais l’artiste n’est peut-être pas le véritable sujet de son propre tableau...

Gustave Caillebotte, Autoportrait au chevalet, 1879-1880, huile sur toile, 90 x 115 cm, collection privée

Pour comprendre, il faut regarder attentivement l'arrière-plan de l’œuvre. On y voit un homme assis sur un canapé : il s’agit sans doute d’un ami d’enfance, Richard Gallo.

Auguste Renoir, Bal du moulin de la Galette, 1876, huile sur toile, 131 x 175 cm, Musée d'Orsay, Paris

Quant à la toile accrochée au fond de la pièce, Le Bal du moulin de la Galette, elle n’est pas de la main de Caillebotte mais d’un de ses proches camarades : Auguste Renoir. L'œuvre est donc un hommage aux amitiés du peintre !

Si c’est précisément Le Bal qui apparaît ici, ce n’est pas un hasard. Caillebotte n’est pas seulement peintre, il est aussi mécène.

Claude Monet, Le Givre, 1880, huile sur toile, 60 x 99 cm, collection de Gustave Caillebotte, Musée d'Orsay, Paris

Grâce à sa fortune familiale, il achète des trésors signés Monet, Degas, Cézanne, Sisley ou encore… ce Renoir réalisé l’année précédente. Persuadé que les impressionnistes révolutionnent la peinture, il les aide sans relâche jusqu’à organiser des expositions et à les soutenir financièrement.

Malheureusement, en 1894, Caillebotte s’éteint sans avoir vu son mouvement triompher. Mais grâce à sa prévoyance et à son entourage, l’histoire ne s’arrête pas là…

Auguste Renoir, vers 1910. Photo : Dornac

En effet, il lègue sa précieuse collection constituée de 67 chefs-d'œuvre (dont Le Bal du Moulin de la Galette) à l’État. À une condition : qu’elle soit exposée au musée du Luxembourg puis au Louvre.

C’est là que son ami Renoir intervient. Nommé exécuteur testamentaire, il se démène, aux côtés du frère de l'artiste, pour faire respecter les volontés du défunt. C’est ainsi que le legs finit par être accepté de manière partielle : c'est la première fois que l'impressionnisme entre dans les collections publiques.

À croire qu’en rendant hommage à Renoir dans son autoportrait, Caillebotte remercie avant l’heure son plus fidèle ami ! Quant au Bal, il peut désormais être admiré par les visiteurs du musée d’Orsay...

Tableaux impressionnistes dans une salle du Musée d'Orsay, Paris, 2022. Photo : Adrian Scottow, CC BY 2.0

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