Paris, 1880. Dans son appartement du 31 boulevard Haussmann, Gustave Caillebotte, l'un des piliers de l'impressionnisme, met la touche finale à son autoportrait. Sur la toile, il est là, pinceau à la main, se regardant dans un miroir. Mais l’artiste n’est peut-être pas le véritable sujet de son propre tableau...

Pour comprendre, il faut regarder attentivement l'arrière-plan de l’œuvre. On y voit un homme assis sur un canapé : il s’agit sans doute d’un ami d’enfance, Richard Gallo.
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Quant à la toile accrochée au fond de la pièce, Le Bal du moulin de la Galette, elle n’est pas de la main de Caillebotte mais d’un de ses proches camarades : Auguste Renoir. L'œuvre est donc un hommage aux amitiés du peintre !
Si c’est précisément Le Bal qui apparaît ici, ce n’est pas un hasard. Caillebotte n’est pas seulement peintre, il est aussi mécène.
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Grâce à sa fortune familiale, il achète des trésors signés Monet, Degas, Cézanne, Sisley ou encore… ce Renoir réalisé l’année précédente. Persuadé que les impressionnistes révolutionnent la peinture, il les aide sans relâche jusqu’à organiser des expositions et à les soutenir financièrement.
Malheureusement, en 1894, Caillebotte s’éteint sans avoir vu son mouvement triompher. Mais grâce à sa prévoyance et à son entourage, l’histoire ne s’arrête pas là…

En effet, il lègue sa précieuse collection constituée de 67 chefs-d'œuvre (dont Le Bal du Moulin de la Galette) à l’État. À une condition : qu’elle soit exposée au musée du Luxembourg puis au Louvre.
C’est là que son ami Renoir intervient. Nommé exécuteur testamentaire, il se démène, aux côtés du frère de l'artiste, pour faire respecter les volontés du défunt. C’est ainsi que le legs finit par être accepté de manière partielle : c'est la première fois que l'impressionnisme entre dans les collections publiques.
À croire qu’en rendant hommage à Renoir dans son autoportrait, Caillebotte remercie avant l’heure son plus fidèle ami ! Quant au Bal, il peut désormais être admiré par les visiteurs du musée d’Orsay...


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