1972, Paris. Charles Aznavour convoque un petit cercle d’amis pour leur faire découvrir sa dernière chanson. Sa performance terminée, un long silence s’installe.
"Mais qui va chanter ça ?", finit par demander l’un d’eux. "Moi", répond sans détour Aznavour. S’ensuit alors un second silence, pesant, de l’assistance.

Les amis d’Aznavour sont en réalité très inquiets pour lui. Son titre Comme ils disent parle sans tabou de la vie d’un homosexuel. C’est du jamais-vu !
Il faut dire qu’à l’époque, l’homosexualité est encore punie par la loi en France. Avant Aznavour, quasiment aucun chanteur n’a osé aborder le thème, du moins sans moquerie ni cliché.
En dénonçant les railleries subies par le personnage de sa chanson, Aznavour montre son soutien infaillible aux homosexuels. Mais il prend aussi de gros risques pour sa carrière.

L’artiste n’est pas homme à renoncer : non seulement il ne tient pas compte des mises en garde de ses proches, mais il va même plus loin…
Quelques mois plus tard, c’est face à une salle comble de l’Olympia qu’il dévoile son nouveau titre. Le verdict est sans appel : le public est instantanément emporté par la chanson.

Dans les jours qui suivent, le 45 tours de Comme ils disent s’arrache, c’est un vrai carton !
Nombreuses sont les personnes homosexuelles qui se reconnaissent alors dans ces paroles audacieuses. Comment Charles Aznavour a-t-il pu viser si juste ? En s’inspirant de ses amis, et notamment d’un certain Androuchka. En plus d’une chanson engagée, Comme ils disent est également une très belle déclaration d’amitié.


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