Pourquoi on a empêché Miles Davis de jouer un concert

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Alors que le trompettiste est en train de révolutionner le jazz, il est victime de racisme et se fait arrêter juste devant la salle de concert.

25 août 1959, New York. Le trompettiste Miles Davis sort du Birdland, l’un des plus fameux clubs de jazz de la ville. C’est l’entracte d’un concert un peu spécial : la première partie vient d’être retransmise à la radio.

L'entrée du club de jazz Birdland, entre 1949 et 1965, photographie, photo : Bridgeman Images

Avant d’enchaîner avec le deuxième set, Davis raccompagne une admiratrice jusqu’à son taxi. La nuit est moite, il prend l’air dehors quelques minutes…

Dix jours plus tôt, le trompettiste a sorti l’album Kind of Blue. Avec son groupe, il y révolutionne le jazz en proposant quelque chose de très nouveau, un jazz très libre et créatif, avec beaucoup d'improvisations.

Miles Davis, Kind of Blue, 1959, pochette d'album, photo : Jay Maise

Son concert au Birdland s’annonce donc prometteur ! Malheureusement, Miles Davis n’aura jamais la possibilité de le vérifier.

Un policier, manifestement indisposé par la présence du trompettiste sur le trottoir, vient le sommer de circuler.

Conscient du caractère raciste de l'injonction, Miles ravale sa colère. Il montre son nom, écrit en grandes lettres sur la façade du club : il donne un concert juste ici, il n’a pas à bouger.

Cela n’est pas du goût du policier. Réagissant à la supposée défiance de Miles Davis, il lui assène un coup de matraque sur le crâne.

Davis est emmené au commissariat, le temps que son avocat et une journaliste, présente au moment de l’altercation, parviennent à le faire libérer. Il doit tout de même faire un passage à l’hôpital pour une dizaine de points de suture.

Tom Palumbo, Miles Davis, 1955, photographie

Pendant ce temps, son groupe parvient à assurer la deuxième partie du concert. Ses acolytes Cannonball Adderley et John Coltrane donnent tout, compensant l’absence de leur leader par des solos endiablés.

Cet épisode profondément injuste marquera Davis jusqu’à la fin de sa vie. Plus de 25 ans après, il lui consacrera même un album entier, You’re under arrest ("Vous êtes en état d’arrestation").

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