1896. Monet, Degas, Renoir... Les plus grands peintres impressionnistes s'affairent dans une prestigieuse galerie d'art parisienne. Occupés à accrocher des tableaux, ils s'interrompent régulièrement pour demander son avis à une toute jeune femme. Qui peut-elle bien être ?

Il s'agit de Julie Manet, qui coordonne l'organisation de cette exposition… du haut de ses dix-sept ans ! Cela fait des mois qu'elle se démène pour rassembler les œuvres de sa mère, décédée l’année précédente.
Elle souhaite plus que tout continuer à la faire vivre à travers cet hommage – la première rétrospective, elle l'espère, d'une longue série.

Le nom de sa chère mère ? Berthe Morisot, l'une des figures de proue du mouvement impressionniste. D'après Julie, c'est "une femme […] dont le charme émanait tout autour d'elle, en sa peinture, en ses paroles, en ses attitudes, en son physique, en la tendresse..."
D'ailleurs, l’amour et l'admiration de la fille pour sa mère étaient réciproques. On compte environ soixante-dix œuvres signées Morisot où l’on reconnaît "Bibi", comme la peintre aimait surnommer sa Julie adorée.

Par exemple, il y a ce portrait où la jeune femme pose à côté de sa chienne. La patte de Morisot y est immédiatement reconnaissable : couleurs claires, coups de pinceau visibles, sujet quotidien et vivant… C’est d'ailleurs ce tableau que Monet choisit, lorsque Julie veut lui offrir une œuvre pour le remercier de son aide pour l'exposition de 1896.

Cette rétrospective est finalement couronnée de succès. Et ce n'est que le début : Julie Manet consacrera sa vie à la reconnaissance des impressionnistes, dont sa mère. Grâce à son travail dévoué, les œuvres de ces artistes peuplent aujourd'hui les grands musées.
Un amour pour l'art qui se transmet de mère en fille !


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