Comment Napoléon a transformé les canons d’Austerlitz en machines à monnaie

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En 1806, le franc germinal connaît un tel succès que la France manque de machines pour frapper les pièces. La solution trouvée par le ministre Gaudin est pour le moins originale : faire fondre des canons pris à Austerlitz.

Paris, 1806. Le ministre des Finances, Martin Gaudin, est au palais des Tuileries. Il se sent un peu nerveux, car il a une demande délicate à faire à l’empereur Napoléon Ier

Depuis trois ans, la France a une nouvelle monnaie officielle : le franc germinal. Elle a été créée par Napoléon pour mettre fin aux désordres économiques de la Révolution, et c’est un véritable succès !

Artiste inconnu, Martin Michel Charles Gaudin, 1833, gravure, Bibliothèque nationale de France, Paris

En effet, contrairement aux monnaies précédentes, le franc germinal est très stable. Pourquoi ? Parce qu’il est basé sur le "bimétallisme", c’est à dire que la valeur de la monnaie est garantie par deux métaux : l'or et l’argent. Un franc germinal vaut ainsi un certain poids en argent ou en or.

1 Franc Germinal avec le profil de Napoléon Ier, 1811, Monnaie de Paris, photo : DR

C’est inscrit dans la loi, pas de fluctuation possible. Comme cela, pas de risque que les gens perdent confiance dans la valeur du franc !

Mais alors, pourquoi Martin Gaudin se fait-il des cheveux blancs ? C’est que le franc germinal est si populaire qu’on manque de machines pour frapper les pièces ! En plus, impossible d’imprimer des billets à la place, car Napoléon ne croit pas aux monnaies de papier. Il faut donc vraiment trouver une solution.

François Gérard, Napoléon Ier en costume du Sacre, 1805, huile sur toile, 223 x 143 cm, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles

Ainsi, le ministre des Finances demande à Napoléon Ier de prendre les canons récupérés lors de la victoire d’Austerlitz l’année précédente, pour les fondre et en faire des machines à frapper la monnaie !

François Gérard, La bataille d'Austerlitz, 2 décembre 1805, 1810, huile sur toile, 510 x 958 cm, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles

Napoléon accepte, mais à une condition… qu'on inscrive sur les machines "bronze pris à Austerlitz", en souvenir de sa glorieuse victoire. Martin Gaudin est soulagé et s’exécute.

Ces nouvelles machines ne sont pas près de s'arrêter : le franc germinal sera utilisé par les Français pendant plus de 120 ans !

Illustration Artips

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