Des instruments de musique aux insectes mélomanes

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Donner une seconde vie à des instruments de musique destinés à la déchèterie : c'est la mission du collectif Tout reste à faire. Et ils ont une manière bien particulière de le faire. On vous donne un indice ? Vive la muzzzzzzique !

De nos jours, en France. Plusieurs hommes récupèrent des instruments de musique dans les conservatoires. Le point commun de ces objets ? Ils sont devenus inutilisables ! En effet, ces pianos et autres accordéons sonnent faux ou sont trop abîmés pour continuer à servir. Mais pour eux, pas question de partir à la poubelle...

Photo : Steve Johnson

Eh oui, depuis une dizaine d’années, le collectif Tout reste à faire leur offre une nouvelle vie. Grâce à ce trio d’artistes, les instruments se transforment en grands insectes animés !

La mécanique est bien huilée : Mathieu Desailly, graphiste, commence par faire les plans de l’animal à partir des objets soigneusement démontés. C’est ensuite à Vincent Gadras de prendre le relais. Celui-ci remonte les éléments des différents instruments pour faire surgir la bestiole désirée. Des petits moteurs dissimulés permettent d’animer l’insecte qui agite les pattes ou les ailes.

Collectif Tout reste à faire, Cigale géante de Bornéo, Megapomponia Merula, 2018-2019, archets, instruments à cordes (violons, contrebasses), cornemuses..., sculpture et dessin préparatoire.Photo : Tout reste à faire, DR

Ainsi, sept batteries accompagnées de bouts de clarinettes ou encore de cymbales deviennent un méloé, une sorte de coléoptère. La cigale géante, quant à elle, nécessite pas moins de 35 archets de violon ! Tous ces insectes font ainsi voir les rouages cachés de leurs instruments.

Collectif Tout reste à faire, Méloé printanier, Meloe Proscarabaeus, 2016, batteries, cymbales, clarinettes, accordéon...Photo : Tout reste à faire, DR

Enfin, il reste la dernière étape et pas la moindre. Pour chaque sculpture animée, le musicien David Chalmin, compose une partition spéciale, sans essayer d’imiter les sons de la bestiole. Sa musique poétique ne se déclenchera qu’au passage du visiteur.

Collectif Tout reste à faire, Araignée, Dolomedes Fimbriatus, 2014, mandoline, synthétiseur, guitare, trompettes... Photo : Tout reste à faire, DR

Mais pourquoi avoir choisi de transformer ces instruments abandonnés en de telles créatures ? Tout simplement pour les rendre visibles !

En effet, les insectes sont peu appréciés alors qu’ils forment une grande partie du vivant et sont souvent en danger. Tout reste à faire nous encourage donc à en prendre soin... tout comme de nos instruments qui peuvent être recyclés et ne méritent pas d’être jetés à la benne !

À gauche : Collectif Tout reste à faire, Doryphore, Leptinotarsa Decemlineata, 2016-2017, pianos, violons, violoncelles, archets... Photo : Tout reste à faire, DR. À droite : Doryphore. Photo : Scott Bauer

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